Suis-je folle? Peut-être bien. Je m'en tape de toute façon. Je veux me retrouver dans ce gouffre sans fin, gouter au néant, et me perdre au centre de ce néant. Je sombre sous le poids du désespoir et je cris aux passants de m'aimer, de m'aimer. Je veux souffrir, souffrir de plus bel, souffrir intensément. Ou j'en suis, il n'y a plus que cette douleur qui puisse m'atteindre. Je suis artiste et je suis ma propre ½uvre. Je suis ici, privée de bonheur et à la merci de la haine et de la colère. Je ne m'en plains guère. Cette douleur exquise qui me brule l'âme et me torture le coeur. Je m'en réjouis. Je me détruis et cela ne me déplait pas, bien au contraire. La solitude ne se fait plus ressentir. il n'y a plus que mon torse qui se déchire et mon c½ur qui s'en évade. Un sentiment vulnérable, un moment de torture apaisant. Je m'y sens bien. A présent, il n'y a plus que douleur qui apaise douleur. J'ai bien trop attendu. L'espoir m'a quitté et a ouvert la porte des enfers. La souffrance me pénètre dans le corps et me fait rire. Un rire vide et glaciale. Je me sens fatiguée, usée. Suis-je possédée à présent? J'en ris et pourtant mon visage est devenu un masque pitoyable. Ce masque de joie qui recouvre mes cernes; mes yeux hagards et vides de vie; mes lèvres fendues. J'aurais été morte depuis des lustres, mais voici ma triste vérité: La mort me hante, La mort me trouble.
Vous m'ennuyez. Dévalorisez-moi, vulgarisez-moi. Vous m'ennuyez de plus bel. Faites de moi le centre de vos vies. Parlez donc de moi. Sans cesse et toujours. Vous m'ennuyez encore et encore. Vous êtes pitoyables.
Mes mots n'ont plus de sens. Les tiennes non plus.



